jeudi 12 janvier 2012

Présentation du Blog

Un autre blog sur la littérature...

Eh oui! La littérature, c'est ma passion! Et c'est cette passion que je souhaite partager avec vous. Peu de gens comprennent la valeur de la littérature, ce qui me désole. Récemment, j'ai eu un débat avec des étudiants de mon cours de littérature et Imaginaire (FRA-102) dans le cadre de mon programme en sciences humaines. C'est l'un des facteurs qui ont contribué à mon transfert en Art et Lettres.

Pour moi, la littérature, c'est la somme des Sciences et de l'Expérience Humaine ainsi qu'un outil permettant une plus grande compréhension de l'Humain. Au même titre que la philosophie, elle nous permet de mieux vivre, nous rapportant au proverbe: « l'homme intelligent apprend de ses erreurs. Le sage apprend de celles des autres».

jeudi 2 juin 2011

Les Imperméables-Prose

Voyez mon bel imperméable. C’est un cadeau de mes pairs; la faute originelle. Sa surface cirée recouvre mon corps, de belles bottes m’enserrent les pieds et ma capuche est pour moi la seule couronne que permet ma condition. De mes manches pendouillent de belles breloques : une BMW, des billets de banque, des bijoux, un contrat de mariage, peut-être deux, un bateau, un chalet, une piscine et un bungalow. Et je vais les chemins ainsi vêtu. Voyez mon chef! La pluie ne l’atteint pas. Quelle est belle et pratique cette capuche. Je peux voir, je peux me pencher pour regarder ce qui traine à mes pieds et tout ça sans en aucune façon mouiller ma chevelure! N’es-ce pas merveilleux? Déjà j’ai pleuré sur mes sentiers, mais l’eau ne m’atteint désormais aucunement. Elle coule entre mes bottes et je la regarde filer, en souriant. Quel beau spectacle que celui de l’eau qui ruisselle! Quel divertissement!  Des fois, lorsqu’il fait chaud, la pellicule se colle sur mes bras et j’ai peine à distinguer ma silhouette sous le drap jaune. On m’a dit qu’au soleil, il est arrivé à certaines personnes que leur ciré fonde sur leur peau. Lorsque pareille chose arrive, il faut voir un médecin. Mais peu s’en soucient. La plupart y voit quelque chose de pratique, protégés en permanence contre l’orage!  Et d’une parcelle de cet imperméable, je ferai celui de mes enfants et quelques fois, par l’altruisme, dont je me sais habité, j’en ferai de même pour de parfaits inconnus, car est inconnus tous ceux qui n’ont point mon sang. Et même mon sang et ma chair! Peut-être si j’ouvrai mon manteau quelqu’un pourrait entrer? Je risquerais d’être mouiller…L’eau reste dehors, moi dedans. Que chacun ait son imperméable, car le miens, je ne le prêterai en aucune façon!

vendredi 27 mai 2011

Eric-Emmanuel Schmitt-L'Enfant de Noé-Résumé de lecture

J’avais déjà entendu parler d’Éric-Emmanuel Schmitt, mais je ne m’étais pas encore attardé à l’un de ses écrits. Quelques-uns ont été portés à l’écran, tel «Oscar et la Dame en Rose» et «Audette Toutlemonde», mais encore là, je n’avais pas visionné ces films. À chaque fois que je passais dans une librairie pourtant, je me buttais à ce nom, possédé de quelques remords à ne pas acheter ni lire un de ses ouvrages. Dernièrement, lors d’une vente de livres usagés organisé par la paroisse anglicane près de où je vis, il me fut permis de mettre la main sur «Oscar et la Dame en rose». Pourtant, ce n’est pas de ce livre dont traite le présent résumé puisque je choisi de dépoussiérer «L’Enfant de Noé» qui dormait au fond de ma bibliothèque.
Comme son nom l’indique, ce livre traite de la culture juive. Plus précisément, de la culture juive lors de la deuxième guerre mondiale. Joseph, petit juif, se retrouve dans une famille de nobles, les De Sully, amis de ses parents, lorsqu’une descente est faite dans son quartier par la gestapo, descente prévue par son père. Un matin, alors que Joseph s’amusait avec la comtesse, ses parents disparurent.  Le comte lui assura qu’ils étaient en sécurité. Par la suite, usant de leur influence, ils réussirent à trouver une place pour Joseph auprès du père Pons, brave prêtre ayant fondé un pensionnat. Mme Marcelle, la pharmacienne anticléricale du village où se trouve La Villa Jaune lui fit de faux papiers, comme elle avait fait pour 11 autres des petits pensionnaires de l’endroit.  Joseph se liera d’amitié avec un autre enfant juif, Rudy, amitié qui ne se démentira pas même après des décennies.
C’est là qu’il vivera parmi les beaux moments de sa vie, malgré la pauvreté de l’endroit. Comme Rudy le fit remarqué à Joseph, le père Pons a l’habitude, tard le soir, de quitter le pensionnat. Les deux enfants sont intrigués. Que va faire l’abbé si tard la nuit? Serait-il memebre de la résistance? Joseph, plus hardi que son ami, quoique plus jeune, finit par suivre le bon père pour le surprendre un soir, dans la chapelle désaffectée. Vue sa grande affection pour l’enfant et la crise spirituelle qu’il traverse, Joseph ayant manifesté le désir de se convertir au christianisme, le père Pons lui fera découvrir la petit synagogue qu’il a aménagé sous la chapelle.
 L’abbé est un collectionneur. Lorsqu’une culture est en danger, bien vite, il amasse des artéfacts en vue de protéger ne serais-ce qu’une parcelle de ce monde en danger. Ainsi en fut-il pour le judaïsme, et c’est la raison pour laquelle le père Pons enseignera l’Hébreux à l’enfant, refusant même qu’il ne se convertisse puisque désormais l’un des gardiens de sa culture. C’est dans le cadre de ces cours qu’auront lieu d’intéressants échanges concernant la nature de Dieu et son implication dans le monde.
Un matin, alors que les plus jeunes prennent leur douche ensemble, un officier allemand y débarque. C’est la panique. Tous les enfants se figent, le père Pons, entrant, devient livide et tremblant.  Par chance, cet officier n’est pas antisémite. C’est par hasard qu’il était tombé sur les douches, cherchant à retrouver, lui et sa section, un prisonnier évadé. L’Allemand se contenta, au terme de longues minutes de silence, à remettre quelques dollars à l’abbé, disant : « vous achèterai des bonbons aux enfants». Le père Pons, de suite après sont départ s’effondre, en larmes.
Peu de temps après, la guerre se termine. Nombreux sont les enfants dont les parents sont morts. Par chance, Rudy retrouvera sa mère. Après plusieurs mois, alors que Joseph marchait dans la rue avec la mère et le fils, il croisera ses parents. Malgré le fait que Joseph ne souhaite pas quitter la Villa Jaune, il devra suivre ses parents à Bruxelles.  Non pas qu’il n’aimait plus ses parents, mais Joseph aimait bien la vie menée à cet endroit. Joseph vieillit et garda contact tant avec le père Pons que Rudy. Et c’est lors d’une visite à Rudy devenu agriculteur en Israël, qu’ils se remémorèrent le père Pons, décédés depuis quelques années.
Un roman profondément humain, basé sur une histoire véritable, qui remet en question la distinction entre juif et chrétien et nous met face à la réalité. Un fil narratif de toute beauté quoique rapide. En 120 pages, Schmitt nous fait revivre cet époque sombre de notre histoire, mais de façon autre que plusieurs : au-travers les yeux d’un enfant juif. Joseph devint ainsi le pendant masculin d’Anne Frank.   
9/10!

mardi 10 mai 2011

Madeleine-Nouvelle par M.F.-Jean

Madeleine marchait le long du chemin. Bordé par de hauts plants de maïs, il était taché de nuances de noir jurant avec la simple pâleur d’un ciel sans nuage de cette soirée d’automne. À l’horizon, les pastelles annonçaient l’imminente fin du jour.
Madeleine était mélancolique. Elle soupira et son souffle se joint à celui du zéphire exténué. Bientôt, elle se retrouva à une intersection. Devant elle, le chemin enserré de plants jaunes et secs continuait. À sa gauche, le pont. Elle s’y engagea.
Sous elle passait l’eau dans un clapotis joyeux. Un paisible serrement toucha au cœur Madeleine. À la vue de l’onde, elle ressentit de la nostalgie. Elle demeura quelque temps appuyé sur le garde-fou alors qu’elle se souvint de sa cachette d’enfance : sous le pont. Finissant sa traversée, elle enjamba la barrière et se retrouva parmi les chardons et les ronces, poussant parmi les pierres jetées là par les cultivateurs. Elle descendit doucement cette butte latérale au pont et se glissa sous le tablier. Là, elle retrouva son vieux plateau poussiéreux dominé par trois massifs. Au-dessus roucoulaient un couple de pigeon. Un voiture passa, faisait vibrer l’ensemble. Madeleine ramena sa jupe et s’assit sur l’une des pierres et regarda passer l’eau tout en sombrant dans ses pensées.
Des images et des voix de son passé lui revinrent. Commençant par son enfant, Madeleine entendit sa mère. L’amour filial l’enveloppa tel un châle. Puis elle la vit sur son lit de mort. Elle entendit à nouveau ses dernières recommandations et revécue les mêmes émotions, l’espace d’un instant. Une seconde et elle revoyait son père au violon.
La pensée étant si fragile et les synapses si agiles qu’elle se retrouva en classe, à son pupitre, devant la religieuse sévère. Saint Marie-Marthe, la sœur parfaite! Encore une fois, elle la détesta. Elle la détesta pour les cours de verges sur les mains, pour le temps passé au coin et pour les humiliations accumulées au cours de cette année où devait veiller sur eux l’aspirante sainte frustrée. Elle la détesta pour le peu d’ardeur qu’elle mit à montrer aux enfants le visage amoureux de celui qu’elle osait faire son Dieu. Le dieu se sœur Marie-Marthe ne pouvait être le même que le sien, qui était celui de son père. Le dieu de Madeleine ne condamnait pas et n’était pas, comme celui de la religieuse, penché au-dessus des nuages, prêt à écraser l’homme de sa main autoritaire, toute-puissante et dure. Après tant d’années passées, Madeleine se surprit d’avoir gardée en elle ces ressentiments. Cette vieille sœur n’était probablement qu’une vieille fille frustrée de sa condition. Probablement qu’elle les châtiait de la sorte en vue d’en faire des saints, justifiant ainsi sa vocation d’ascèse. Au fil de ses pensées, Madeleine en vint à lui pardonner. Elle la prit en pitié. Forcée à adopter une vocation qu’elle n’avait fort probablement pas choisie. À cause d’elle, en partie, Madeleine avait quitté les sacrements. Se réconciliant avec Marie-Marthe, elle se réconcilia avec Dieu, et se consola de son peu de pratique, se disant, comme l’eut dit son père, que ses nombreux enfants couvriraient sa faute. «La Charité couvre une multitude de péchés». Si seulement la vie eut pu être aussi simple que ce qu’en dit la religion! Elle se remémora son divorce, qui avait fait grand remouds. En ce temps-là, les femmes divorcées étaient considérées comme des parias. Pourtant, elle avait dû le faire afin de sauver sa vie. Son mari l’aurait fort probablement tué à la longue. Il l’avait presque fait et pourtant, les docteurs n’avait réagit d’aucune façon à son arrivée à l’hôpital. « Oui, se dit Madeleine, j’ai bien fait».
Un mouvement au raz du sol attira son attention. Un des oiseaux s’était posé et cherchait, absorbé dans sa quête de nourriture. Elle sourit à la créature. Encore une fois, son regard fut porté ailleurs. Serais-ce possible que parmi cette terre impropre à toute croissance végétale ait pût naître quoi que ce soit? Madeleine se pencha et souffla sur la plantule. Se découvrit à elle un véritable chef-d’œuvre. La fleur reprit ses couleurs : un vert tendre semblable aux épinettes, des pétales d’un rouge incomparable et un pistil tout plein de soleil. La vue de cette petite chose si fragile la consola et apaisa sa mélancolie. Madeleine sourit. Elle avait trouvé ce qu’elle était venu chercher ici.
Réconfortée, elle remonta de dessous le tablier jusqu’à la route. De retour à l’intersection, Madeleine hésita. À droite, elle retournait d’où elle venait. À gauche, s’étendait encore le chemin. Fortifiée, elle prit la gauche alors que s’éteignait la lumière du jour, laissant place à la lanterne de la nuit, traçant sur le chemin les silhouettes des plants de maïs. 

vendredi 14 janvier 2011

La sieste ecclésiastique


La sieste ecclésiastique
(Nelligan)

Vraiment, il a bel air sous sa neuve soutane,
Ce cher petit abbé, joufflu, rasé tout frais,
Pour qui la bonne table a d'innocents attraits...
Il en rêve au couvert de l'ombrageux platane.
 
Midi sonne. En plein ciel le soleil se pavane,
Et monsieur le vicaire, ô scandaleux portrait !
S'est endormi, tout rond, sur la pelouse, abstrait,
Songeant aux gros péchés de quelque courtisane.

On vient de la cuisine... et, sous le blanc rideau,
Blanche pousse Michel, Louise, le bedeau,
Et tous de s'esquiver en éclatant de rire,
 
Cependant que l'abbé, ne se reprochant rien,
S'étire et murmure en un céleste sourire
Que Bacchus, après tout, était un bon chrétien.

Ce poème fais partie des pièces retrouvées après la mort de Nelligan. En sa jeunesse Nelligan fut un fervent croyant, mais au fil de son existence, sa foi se tarie, alors qu'il avait tant de fois fait allusion à des chappelles, des saintes aux yeux bleus, Notre-Dame-Des-Neige.

Cette pièce aussi fut interprétée par Mme Leyrac sous le même titre.

jeudi 13 janvier 2011

La Fantaisie Créole

En des Sangs de Soir aux Encens de Roses...mon vers préféré! Malheureusement, il n'est pas de moi. Ce vers est d'Émile Nelligan, un des plus grands poètes du Québec. Ce fut un précurseur, une espèce de Jésus de la poésie québécoise, si vous me permettez la comparaison. Au fil du blog, nombreux seront ces textes que je vous proposerai. Ici, je vous présente celui d'où est tiré le nom du blog.

La Fantaisie Créole

Or, la pourpre vêt la véranda rose
Au motif câlin d'une mandoline,
En des sangs de soir, aux encens de rose,
Or, la pourpre vêt la véranda rose.


Parmi les eaux d'or des vases d'Egypte,
Se fannent en bleu, sous les zéphirs tristes,
Des plants odorants qui trouvent leur crypte
Parmi les eaux d'or des vases d'Egypte.


La musique embaume et l'oiseau s'en grise;
Les cieux ont mené leurs valses astrales;
La Tendresse passe aux bras de la brise;
La musique embaume, et l'âme s'en grise.


Et la pourpre vêt la véranda rose,
Et dans l'Eden de sa Louisiane,
Parmi le silence, aux encens de rose,
La créole dort en un hamac rose.


Je vous invite par la même occasion à rechercher l'interprétation musicale qu'en a faite Mme Monique Leyrac sur l'album Leyrac chante Nelligan.

Vos commentaires.... :-)